Peut-on faire l'économie de la non-violence en éducation ?

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Le mauvais élève

         À l'école primaire c'était un enfant sage mais qui avait du mal à suivre. La plupart des enseignants le pensaient fainéant ou distrait, certains même le disaient tout simplement bête. Il est vrai que ses notes n'étaient pas fameuses.

Il faisait son possible mais, souvent, le temps lui manquait, ce fichu temps qui semblait toujours mal ajusté à ce que le petit aurait souhaité.

Il essayait de s'accrocher parfois avec vigueur mais la marche semblait trop haute pour lui.

À la maison, il n'y avait rien d'intéressant, rien d'encourageant, que la pauvreté et la violence...

L'école aurait peut-être pu devenir un refuge, et les études un échappatoire, au contraire, cela ne faisait que confirmer ce qu'il savait déjà:

Il était un mauvais élève.

Il s'est alors fait une raison: l'école ne voulait pas de lui ? Qu'à cela ne tienne, il allait se détourner peu à peu d'elle...

C'est véritablement lorsqu'il est arrivé au collège que tout a changé. Au contact d'autres élèves dissipés il a commencé à chahuter, au début timidement puis avec un peu plus de constance et d'énergie au fil du temps.

Les années d'internat confirmèrent son goût prononcé pour la désobéissance et l'indiscipline. Plus on le punissait et plus il se sentait exister.

Il semblait enfin avoir trouvé un rôle à jouer dans ce système scolaire taillé sur mesure pour les bons élèves.

Lui serait l'indocile.

Bien des années plus tard, devenu âgé, il est retourné au collège pour aider des enfants qui ne parvenaient pas à suivre le rythme effréné des cours et des programmes scolaires.

Et peut-être qu'en leur tendant la main, en les encourageant, c'est un peu à ce mauvais élève qu'il avait été jadis, à qui il venait en aide....

 

On oublie trop souvent que l'élève est aussi un enfant et qu'il est parfois

Image libre de droit

difficile pour lui de s'extraire de ce qui le fait souffrir et le perturbe dans son « autre vie ».

L'élève est la partie émergée, le reste, on ne le voit pas, on ne s'en soucie pas, et finalement ce n'est pas le problème du professeur.

Pourtant ces deux parties, l'enfant et l'élève, sont indissociables et interagissent l'une avec l'autre.

L'élève se construit avec l'enfant, l'enfant grandit avec l'élève....

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