• Face à la violence, la rebellion

    Relations conflictuelles(élèves/profs,parents/profs,Académie/Profs...),situation d'échec,violences verbales, physiques, menaces, harcèlements,... que l'on soit enseignant, élève, parent, la vie à l'école n'est pas toujours un long fleuve tranquille.

    Et pourtant, est-ce utopique que de penser que l'école est (ou pourrait être) un lieu propice au mieux vivre ensemble ? Un lieu ou l'on apprend(rait) à être et à devenir, un lieu d'écoute, de dialogue, de respect et d'entraide.

    Quoiqu'il en soit,la souffrance des adultes et des enfants n'est pas toujours connue, ni mème reconnue. Certains en parlent, d'autres préfèrent se taire, alors qu'une partie choisit de manifester avec violence, (s')occasionnant ainsi de nouvelles...souffrances.

    Le chemin de la violence

    Celle ou celui, enfant ou adulte qui ne trouve pas de réponse à son mal-être peut être tenté d'utiliser la violence (vers les autres ou vers soi-mème), persuadé, au moins un temps, qu'il n'y a pas d'autre issue. Pour quel résultat ?

    Passé l'instant d'une certaine euphorie, de la déraison, vient le moment ou la réalité se rappelle à nous, "mème si je tente de légitimer certains comportements, je sais au fond de moi combien je me trompe".

    Ensuite c'est l'engrenage, les violences se fondent, se confondent et se renforcent, sans qu'il semble possible de les séparer, de les distinguer.

    Un élève qui insulte un enseignant, un enseignant qui humilie un élève, des deux, quelle violence est la plus légitime, la moins violente ? Qui a tort, qui a raison ?

     

    Résister

    Si je décide de ne pas utiliser la violence, sans pour autant me laisser faire, que me reste t-il comme solution ? Résister !

    Face à la violence, c'est l'humanité qui est en moi qui doit prendre le dessus, mon éducation, mes valeurs et non l'instinct naturel de l'animal. Je n'accepte pas de me fourvoyer,de m'égarer, de me perdre dans cette violence que je dénonce. Et si, sur un coup de colère, je glisse et tombe dans cette violence, il me faut être assez fort pour me relever et reprendre la voie de la raison.

    Mais finalement quel est notre seuil de tolérance face à la violence ? A quoi réagissons-nous ?

    Ai-je prêté attention à la plainte de cet enfant insulté, moqué par ses pairs, à cette enseignante qui ne parvient pas à contenir un de ces élèves et qui semble désemparée, à ce père qui ne comprend pas pourquoi son enfant est mis à l'écart dans la classe?

    Nous sentons-nous concernés, intéressés par les problèmes de l'autre, par sa souffrance ?

    Non ? Espérons-nous malgré tout que l'autre se soucie de nos difficultés?

    Parce que, forcément, ce qui nous arrive à nous, est plus grave, plus important...

    Par mon indifférence, est-ce que je ne participe pas finalement à la banalisation de la violence, de la souffrance de l'autre ?

    A quel moment vais-je dire "STOP", ça suffit ?

     

    Indifférence, silence...

    Lorsque j'ai entendu une insulte, je n'ai rien dit, elle ne m'étais pas destinée.

    Lorsque j'ai appris qu'un enfant avait reçu un coup de poing, je n'ai rien dit, il l'avait un peu cherché.

    Lorsque ma collègue m'a expliqué qu'un de ses élèves l'avait poussé, je n'ai rien dit; pas étonnant ai-je pensé, elle n'est pas très autoritaire.

    Et quand c'est à moi que cela est arrivé, personne n'a rien dit...

     

    Réagir vite, ensemble.

    Un exemple: Un élève est pris à parti par 4 ou 5 enfants de sa classe pendant la récréation. Il est bousculé, mis au sol et insulté, son blouson déchiré. L'enfant tente de se défendre.

    Un enseignant intervient.

    L'adulte connait bien l'élève qu'il considére comme "impulsif" et nerveux.

    Pourtant, il va réconforter l'enfant.

    Dans un second temps, il prévient le directeur de l'école.

    Celui-ci décide de réunir toute la classe concernée. Il demande à la victime d'exposer les faits devant ses camarades. S'en suit un débat qui permettra de déterminer les causes de cet incident et les responsabilités des uns et des autres, sans accuser, ni juger. Et des questions seront posées aux groupes:

    Quelles sont les conséquences de ces actes ?

    Pourquoi ?

    Quelle autre solution que la violence  pour régler ce conflit ?

    Quelle réparation pour les préjudices ?

    Un contrat sera établi entre la victime et ses agresseurs.

    Certains autres professeurs en parleront aussi dans leur classe.

    La mère de la victime sera reçu le jour mème par le directeur qui expliquera les faits et les suites qu'il entend donner à cette affaire.

    Fiction ou réalité ?

     

    Se rebeller face à la violence

    Cela nécessite du temps de l'énergie, mais les limites sont marquées et quand un enfant ou un adulte franchit la ligne, il sait qu'il y aura, très probablement, une réaction collective, qu'aucune violence ne sera minimisée et passée sous silence.

    Bien sûr, il n'est peut-être pas utile (et possible) de déclencher une procédure de cette ampleur pour chaque incident.

    Prendre quelques minutes pour parler aux enfants, dans le calme, la sérénité, de manière constructive, pour rappeler que la violence n'est pas tolérée et que tous ensemble nous pouvons nous dresser contre elle, sans complaisance est aussi un geste de rebellion.

     

    Un problème demeure...

    Sommes-nous prêt à chasser notre propre violence,à "séparer le démon du divin"?