• Pourquoi apprendre la Marseillaise dès l'école élémentaire ?

    "L’histoire a fait de ce chant de guerre révolutionnaire un hymne national aux accents de liberté, qui accompagne aujourd'hui la plupart des manifestations officielles.

    Son auteur, Claude-Joseph Rouget de Lisle, né 1760 à Lons-le-Saunier, était capitaine du génie sous la Révolution. Dans la nuit du 25 au 26 avril 1792, à la suite de la déclaration de guerre du roi d'Autriche, il composa chez le maire de Strasbourg, dénommé Dietrich, un morceau qu’il intitula "Chant de guerre pour l'armée du Rhin"." (source www.elysee.fr/la-presidence/la-marseillaise-de-rouget-de-lisle).

     

    Je me suis toujours refusé à apprendre La Marseillaise aux enfants. Pour la petite histoire et pour être honnête, je ne la chante plus moi-même depuis bien longtemps.

    La Marseillaise, un chant pour les enfants ?La raison en est simple: je n'assume pas du tout ce chant guerrier et ses paroles qui provoquent en moi un grand malaise, au regard de mon rôle d'éducateur et, au delà, des valeurs que j'aime partager avec les autres.

    "Aux armes citoyens..."dans la bouche d'un enfant de 8 ans sonne, pour moi, comme un appel à la violence et non comme un hymne "aux accents de liberté". Et le reste des paroles n'arrangent rien:

    "Ils viennent jusque dans vos bras, Égorger vos fils, vos compagnes !"..., "qu'un sang impur..."

    Comment apprendre aux enfants à résister à la violence, aux préjugés et aux stéréotypes tellement prégnants et pesants dans notre société, quand on leur demande, par ailleurs, de s'identifier à de telles paroles ?

    Je comprends qu'on puisse aimer chanter la Marseillaise, mais je pense que l'on pourrait attendre le collège (à partir de la 4e ?) pour se lancer dans l'apprentissage d'un chant de guerre qui demande une certaine capacité de discernement et de connaissance historique pour ne pas prendre certains mots "au pied de la lettre".

    Un choix personnel

    On devrait aussi pouvoir choisir de chanter ou non la Marseillaise sans provoquer des critiques ou des remarques du genre "C'est pas très patriote..." ou encore "Vous n'aimez pas la France ?".

    C'est une véritable injonction que subisse parfois les plus(et moins) jeunes de la part de ceux qui sont convaincus que ce chant est nécessaire pour s'identifier aux valeurs de la France.

    Qu'on en parle, qu'on explique les paroles, voire qu'elles soient analysées et contextualisées, je trouve cela nettement suffisant.

    Liberté, égalité, fraternité

    Cette devise républicaine -qui est loin d'être appliquée partout dans notre pays - issue des lumières fait la particularité de la France, sa force et son humanité, et je préfère, pour ma part, parler avec les enfants de ces magnifiques symboles nationaux plutôt que leur apprendre les paroles d'un chant de guerre qui, certes, galvanise le patriotisme mais parfois aussi, exacerbe l'esprit nationaliste de celles et ceux qui ne voient dans l'Hymne National qu'un moyen supplémentaire d'affirmer leur rejet de l'immigré et de l'étranger.

    Apprendre à résister

    à l'engrenage des extrémistes, des racismes et de l'antisémitisme qui naissent dans nos peurs les plus primaires et dans notre ignorance ne se fera pas en chantant La Marseillaise mais plutôt en brandissant les "armes pédagogiques" que nous avons en notre possession. Elles sont nombreuses et merveilleuses.

    Nous savons où la haine de l'autre peut nous conduire et nous savons que pour nous en prémunir, nous devons rester vigilants et capable chaque jour d'oeuvrer pour la paix.

    "Quand les mots deviennent fous, les hommes deviennent fous"

    Nous sommes peut-être scandalisés par celui qui ne chante pas l'hymne National mais le serions-nous tout autant face aux paroles discriminantes à l'encontre d'un juif, d'un musulman, d'un noir, d'un arabe, d'un homosexuel, d'un clochard, d'un obèse, d'un vieux, d'un handicapé ou de toute autre minorité ?

    Les stéréotypes, les préjugés, la peur ou le rejet de l'autre sont le terreau des extrêmes et c'est ainsi que ça commence... nous le savons.

     

    Quelques outils pédagogiques

    Nombreux sont les supports pour aborder le danger de l'extrémisme et du conformisme. Parmi mes favoris, je vous en propose deux que j'aime particulièrement utiliser avec les enfants:

     

    • Niveau collège: " Matin Brun" de franck Pavloff est un petit ouvrage de 10 pages qui décrit la montée d'un régime politique extrême. D'une simplicité et d'une efficacité étonnantes. À l'achat il coûte 1.50€. On peut aussi le télécharger gratuitement.
    • Niveau cycle 3: "L'agneau qui ne voulait pas être un mouton" de Jean et Zad est un livre magnifiquement illustré qui montre avec quelle passivité un troupeau de mouton fait face à la menace grandissante d'un loup. Une méthaphore que l'on peut transposer dans de nombreuses situations...

     

     

     

     

     

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