• Est-ce que les enseignants sont des éducateurs ?

    Le sujet est sensible et complexe et il n'est pas rare que le débat s'enflamme lorsque l'on pose cette question. Certains enseignants disent ne pas avoir les moyens d'éduquer, classes et programmes surchargées, manque de formation,..., d'autres reconnaissent ne pas être là pour ça, l'instruction, oui, l'éducation, c'est pas leur affaire.

    Et en pratique, que fait le professeur dans sa classe ? Il délivre son savoir, certes, mais sans doute, parfois sans le vouloir, il montre un peu de son éducation(voir plus loin rapport Thélo). La façon qu'il a de s'adresser aux élèves, de gérer le travail de chacun, de noter, de commenter les diverses situations de vie de la classe voire de commenter l'actualité, etc... Lourde responsabilité que certains enseignants préfèrent ne pas endosser et on peut les comprendre. Mais qu'on le veuille ou non, l'élève, lui, ne fait abstraction de rien (sauf de certains cours me disait un collègue ). Et le fameux "pourquoi ?" ne tarde pas à apparaître dans la discussion entre l'adulte et l'enfant: "Pourquoi vous me dites que je suis nul ? "Madame, pourquoi vous en avez toujours après moi ?" ".....pourquoi vous, vous avez le droit d'avoir un portable en classe ?" Etc, etc...

    "Quel manque d'éducation !" diront certains professeurs. S'attaquer à l'adulte tout puissant, quelle fronde, quelle insolence ! Ah ! le bon vieux temps ou l'élève se prenait des coups de règles sur les doigts, des humiliations devant toute la classe, mmmh...,que ça faisait...MAL !

    S'adapter à cette nouvelle configuration ou l'enfant donne son avis (parfois de http://profarchere.canalblog.com/tag/violencemanière ...impromptue), la plupart l'ont bien compris et ne se pose mème plus la question de savoir si cela est normal. D'autres(une minorité ?) vivent très mal, ce partage de la parole (et du pouvoir ?) et font de la résistance, quelquefois au détriment de l'enfant. Et la classe se transforme alors en camp disciplinaire ou les ordres sont les ordres, où la violence verbale et psychologique (et parfois physique) reste un outil que l'adulte se réserve le droit d'utiliser..."si besoin". Le pire est lorsque cela se produit avec des jeunes qui vivent dans un environnement social ou la violence est quotidienne et les bases éducatives très instables pour ne pas dire inexistantes. Dans ce cas, l'école et ses valeurs républicaines délivre à cet enfant une image très éloignée, sans doute, de ce pourquoi elle a été instaurée.

    Mais peut-être que j'aborde là un sujet tabou ? En effet, on parle beaucoup de la violence entre enfants, mais moins de la violence entre enfant et adulte, peut-être parce que cela n'est pas facile à admettre. Certains néanmoins abordent le sujet (voir ICI ).

    J'ai relevé quelques passages (pardon pour le Copyright) du rapport de la Commission sur "l'Avenir de l'Ecole" (Claude Thélo), publié en 2004, qui me laisse à penser que si " l'école de la réussite" existe dans le coeur et dans l'esprit de beaucoup de professeurs et de parents, elle est aussi présente sur un rapport qui est peut-être dans un tiroir du Ministère de l'Education Nationale. L'espoir est donc permis...

     

    P34/Les missions prioritaires de l’École : Eduquer, instruire, intégrer et promouvoir.

    Le choix fondamental en faveur de la réussite de tous les élèves se décline en trois axes de réflexion relatifs aux grandes missions de l’École que la Commission juge absolument prioritaires : éduquer, instruire, intégrer et promouvoir. ...............

    Parce qu’elle avait peut-être été oubliée, il faut rappeler avec force la dimension éducative de l’École : l’enseignement ne se suffit pas à lui-même, et d’ailleurs, un enseignement strictement réduit à lui-même ne pourrait exister. Même s’ils ne le savent pas, même s’ils s’en défendent, tous les adultes qui travaillent dans un établissement scolaire font de l’éducation, ne serait-ce qu’à travers l’image du monde adulte dont ils sont porteurs.

     

    En conclusion, Certes les moyens manquent pour que l'école joue pleinement son rôle, les conditions sont difficiles pour beaucoup d'enseignants, mais il y a très surement un débat à ouvrir au sein de l'école pour tenter de remettre l'enfant au coeur de la démarche éducative et des objectifs communs.

    Pin It

    votre commentaire
  •  

    Quel exemple donnons-nous aux enfants lors d'un conflit quand nous nous sentons attaqués, violentés par l'autre?

    Faisons-nous preuve de raison et de bienveillance ou plutôt d'excès et d'absurdité ?

    « Eduquer peut se résumer à montrer l'exemple »En vérité, nous aimerions bien que l'enfant ne reproduise pas nos erreurs et qu'il sache, du haut de sa petite expérience de la vie, faire mieux que nous qui sommes, reconnaissons-le, bien trop souvent incapables de nous défaire de la violence qui est en nous.

    «La violence est la manière naturelle de régler le conflit » : ce qui n’est pas naturel, et qui est donc le fruit de l’éducation, c’est la capacité de nouer une relation respectueuse avec autrui.”

    C'est cela que nous attendons de l'enfant ! Qu'il se montre plus éduqué et plus sage que nous ne le sommes nous-même. C'est un peu fort de café non ?

    Malheureusement, cet enfant nous ressemble, il nous imite, le bougre, et il fait ça tellement bien qu'il en devient énervant. Habitué qu'il est à nous voir (les grands) régler les conflits en criant, en menaçant, en humiliant, voire pire, qu'il croit - comme nous - que la seule solution face à la violence c'est...la violence "Vie pour vie,oeil pour oeil, dent pour dent".

    Ce qui est difficile pour nous l'est d'autant plus pour lui qui n'a pas l'expérience que nous avons, la maturité qui est la nôtre et le statut d'adulte qui, quoi que l'on puisse en dire, nous protège. Pourtant nous ne nous montrons, la plupart du temps, guère indulgent avec ce jeune apprenti à qui nous demandons la lune.

    Sommes-nous prêt à l'admettre ?

    Nous pourrons lui apprendre les messages clairsla médiation ou tout autre technique pour l'aider à se défendre sans violence, à relativiser le conflit, à travailler sa posture, sa voix, sa gestuelle,…, il lui sera malgré tout, bien difficile de trouver la force et la motivation pour cultiver, chaque jour, ce qu'il a de meilleur en lui si, tout autour, ses camarades et les adultes continuent à crier,à frapper,à humilier et qu'il ne reçoit pas d'encouragements quotidiens et des conseils pour continuer sur la voie de la sagesse.

     

    Si l'on veut que l'enfant refuse la violence

    aidons-le de la meilleure façon qu'il soit :

    Montrons-lui l'exemple* !

     

    (*) Montrer l’exemple ne signifie pas pour autant être parfait. C’est au contraire montrer ce que nous sommes vraiment, imparfait, faillible...humain. C’est peut-être en pensant à ce que nous sommes vraiment, au delà de certaines postures, que nous pourrons aller vers plus de tolérance face à cet enfant qui essaye mais n’y arrive pas…

     

    “Chaque fois que vous brimez quelqu’un qui cherche à s’acquitter d’une bonne action, un ange meurt…”

     

    Pin It

    votre commentaire
  • C'est la rentrée, certaines, certains d'entre vous ont peut-être une idée qui a germé cet été dans leur coeur et dans leur tête:

    Et si je changeais le monde ?

    "Certes, je ne suis qu'un. Mais je suis un. Je ne peux pas tout faire. Mais je peux faire quelque chose. Et le fait de ne pas pouvoir tout faire ne m'autorise pas à refuser de faire ce que je peux faire." Changeons le monde !!!

    Edward Everett

    (enfin vous m'avez compris...)

     

     

     

    On croit souvent que le bien que l'on fait ne sert à rien parce que de toutes les façons, on est les seuls à le faire, et il y pleins de gens qui font le contraire et tout le monde s'en fout et patati et patata...

    norman-faux-o.gif

     

    "Le bruit ne fait pas de bien et le bien ne fait pas de bruit." Saint François de Sales

    C'est sûr, la bonté, la bienveillance ne font pas souvent la une des journaux télévisés et on va plus surement venir vous reprocher ce que vous faites de travers que les belles choses que vous réalisez chaque jour, mais ce n'est pas pour ça qu'il faut croire que vous êtes seul à agir pour le bien des autres et que ça ne sert à rien.

    hé !! les bienfaiteurs de l'humanité !

    Changeons le monde !!!

    "Je sais et je sens que faire du bien est le plus vrai bonheur que le cœur humain puisse goûter." Jean-Jacques Rousseau

    L'essentiel est là !!! ça fait du bien d'aider les autres, ça fait du bien de répandre la paix autour de soi, de résoudre sans violence des conflits, de chercher à aider ce pauvre gosse que tous les autres détestent parce qu'il a une tête à claque et une capacité hors du commun à faire des bêtises.

    Changeons le monde !!!

    (si, je vous assure...enfin, faut pas exagérer non plus)

     

     

     

     

    On se plaint que le monde est trop dur, qu'il y a trop de violence, de méchanceté, alors qu'attendons-nous pour faire autrement ?

    Changeons !!!

    Une dernière pour la route :

    "Vous n’avez cessé d’essayer ? Vous n’avez cessé d’échouer ? Aucune importance ! Réessayez, échouez encore, échouez mieux." Samuel Beckett

    Pin It

    votre commentaire
  •  

    Parler des droits de l'enfant dans une école, cela n'a rien de révolutionnaire(enfin, j'espère wink2). Surtout quand on aborde le droit d'aller à l'école.

    Pas évident à une époque ou l’absentéisme et la (dé)motivation des élèves deviennent quelquefois récurrents. Et pourtant, il est possible de faire réfléchir les enfants sur l'importance de l'éducation en mettant en parallèle leur situation avec celles d'autres écoliers, ailleurs, beaucoup moins chanceux....

    Contre la démotivation des enfants, un film...

    Pour cela, j'ai eu la chance de pouvoir initier un projet (tout à fait bénévole) au sein d'une école primaire dans ma ville (merci à l'équipe pédagogique hyper disponible !).

    En introduction, les enfants ont visionné le film de Pascal PLISSON "Sur le chemin de l'école". On y voit (comme dans un documentaire) des enfants effectuer un véritable périple, parfois au péril de leur vie, pour simplement...aller à l'école.

    Quel choc pour nos enfants qui vivent parfois l'école comme une contrainte !

    Après le film, on parle droits de l'enfant, situation des enfants dans le monde (merci les supports pédagogiques de l'UNICEF), enfants soldats, travail obligatoire, mariage forcé, enfants abandonnés, maltraités, violentés. Le débat s'ouvre et les questions sont nombreuses.

    Ensuite, tout en diffusant la musique du film j'affiche au tableau les photos des personnages(voir plus bas) : Samuel sur son "fauteuil", Jackson et la petite Salomé, Zahira et ses copines, Carlos et sa frangine, et là..., la magie s'opère...

    Je pose des questions, les doigts s'agitent, les réponse fusent, les enfants sont conquis, c'est fantastique ! Le nom des enfants , les pays concernés, le temps de trajet, la pauvreté, le handicap, le danger, la solidarité, les projets de ces merveilleux héros, etc..., tout y passe !

    et, enfin la question, presque essentielle arrive comme une libération:

    "Mais pourquoi donc ces enfants se donnent-ils tout ce mal pour aller à l'école ?"

    Suivi d'une autre toute aussi importante:

    Vous feriez tout ça, vous, pour aller à l'école ?

    "NON"disent la plupart.

    Après une heure de débat, je termine malgré les doigts levés en disant cela (à peu près):

    "Il y a des millions d'enfants qui ne peuvent pas aller à l'école et qui aimeraient bien être à votre place. Et il y a une chose que vous pouvez faire pour les aider:

    Pensez à eux le matin et soyez heureux d'aller à l'école aussi facilement."

    Je termine (pour de vrai) en citant le nom de la fabuleuse association qui a été créé dans le sillage du film et qui permet à des milliers d'enfants d'aller à l'école.

    http://www.surlechemindelecole.org/

    Si vous êtes de ceux qui en ont marre de râler (en attendant que les choses changent) et qu'au fond de vous votre esprit militant s'impatiente, rendez-vous sur le chemin de l'école avec vos enfants. Vous en sortirez ...transformé et grandi (et eux aussi) !

    Dernier conseil(en toute humilité): Laissez les photos affichées dans la classe et revenez-y de temps à autre.

    Merci pour eux, merci pour nous.

     

    Vous pouvez également utiliser les documents joints:

    Cahier pédagogique du film

    + les photos que j'ai utilisé:

    Contre la démotivation des enfants, un film...     Contre la démotivation des enfants, un film...

    Contre la démotivation des enfants, un film...     Contre la démotivation des enfants, un film...

     

    -------------------------------------------------------

    Pin It

    votre commentaire
  • Comment réagir quand un enfant n'obéit pas, lorsque l'on est un animateur, un enseignant, un parent qui ne souhaite pas se laisser emporter par la violence? Dans ces moments ou l'enfant peut sembler "hors de contrôle", que peut-on faire pour le ramener à la raison ?La sanction pour rester dans la non-violence

    Par expérience, à chaque fois que je me suis retrouvé dans ce type de situation, hormis les techniques de gestion des conflits qui consistent essentiellement à garder son calme et à utiliser un langage adapté, ce qui m'a aidé c'est le cadre que j'avais mis en place et que les enfants connaissaient (les règles, les droits, les devoirs, les sanctions). Ainsi l'enfant ou les enfants qui dépassaient les limites savaient qu'il y avait des conséquences à leurs actes.

    Il m'a également été utile d'appliquer différents niveaux de sanctions pour éviter d'enfermer l'enfant dans la démarche jusqu'au-boutiste de celui qui n'a plus rien à perdre. Pour illustrer mes propos, voici une petite histoire:

    Le contexte: Sortie de centre aéré, un groupe d'une trentaine d'enfants de 12 à 15 ans circule sur le trottoir, encadré par 3 animateurs. Une dispute éclate entre 2 jeunes et le début d'une bagarre s'amorce. Un animateur s'interpose. Il demande des explications aux 2 protagonistes qui continuent à se pousser et à s'insulter. L'animateur se place entre les 2 et prévient: Vous voulez quoi ? prendre chacun une sanction niveau 3 pour bagarre ou que l'on règle le problème en parlant (le niveau 3 signifiait dans ce cas, pas d'activité pendant un temps et appel aux parents)?

    Les enfants s'adressent enfin à l'animateur s'accusant mutuellement (un classique). L'un semble vouloir calmer le jeu mais l'autre s'enflamme et balance une insulte à l'autre. L'animateur s'approche et dit à l'auteur de l'injure: Tu es sanctionné niveau 2 ( pas d'activité pendant un temps), tu veux passer au niveau 3 ou alors on se parle ? Je vous passe les détails de la discussion qui a suivi...

    Dans ce type de situation,  sans un cadre préparé, difficile de ramener les enfants à la raison si l'on a fait le choix d'une éducation non-violente. D'autres diront qu'une "bonne engueulade" voire quelques gestes menaçants (et plus si besoin) suffisent pour que tout rentre dans l'ordre. C'est un point de vue que je ne partage pas.

    Si j'en viens à utiliser la violence verbale ou physique, je ne me sens plus du tout crédible au regard des enfants à qui je demande de se contrôler et de ne pas utiliser la violence. De plus je rentre dans une escalade dangereuse de la violence et personne ne peut savoir à l'avance ou cela peut mener. Dernier point, en agissant ainsi, je clos l'incident sans prendre en compte la colère des protagonistes et ses conséquences.

    Bien sûr cette démarche non-violente et éducative s'anticipe avec les enfants et dans ce cas, avec les parents qui sont informés au préalable des sanctions qui peuvent être appliqués si leur enfant se montre peu coopératif.

    Autre exemple avec une enfant de 4 ans et une Mamie: Crise de nerf de la petite fille quand sa grand-mère lui demande de venir faire sa toilette. L'enfant crie, s'énerve, se met à courir et utilise un ton très dur envers la pauvre mamie quelque peu désappointée. Après un début de négociation, Mamie sent monter la colère. Elle s'approche alors de l'enfant et lui dit:

    -Bon puisque tu ne veux pas m'écouter, je vais t'enlever un droit.

    L'enfant se met alors à crier de plus belle, "non, non!".

    -Si tu continues à crier tu vas perdre 2 droits.

    L'enfant se calme peu à peu...

    La grand-mère explique ensuite à l'enfant qu'elle est très en colère quand elle voit sa petite fille réagir ainsi. Elle lui demande de choisir un droit qu'elle accepte de perdre en lui disant que la prochaine fois, c'est Mamie qui choisira. L'enfant s'exécute, fait un câlin à sa grand-mère et file faire sa toilette.

    Comment cela est-il possible ? Tout simplement parce que la Mamie a préparé le terrain.

    Avec sa petite fille, elles ont fait des étiquettes à partir de tout ce que l'enfant aime faire dans la journée. Au total 7 ou 8 étiquettes que l'enfant a pris le soin de colorier et de coller sur le frigo. L'enfant est prévenu: Quand il n'en fait qu'à ta tête, il risque de perdre des droits.

    Ainsi pas d'emportement, pas de violence envers l'enfant, mais de la bienveillance et de la fermeté.

    Je pourrais vous citer des dizaines d'exemples ou ce procédé "droits et devoirs" a permis de désamorcer des situations très difficiles.

    Mais parfois, il y a urgence.

    Doit-on pour autant renoncer à la non-violence ?

    En ce qui me concerne, dans les cas extrêmes, lorsqu'il s'agit d'empêcher un enfant de faire mal ou de se mettre en danger, j'utilise la force, mais pas n'importe quelle force, une force protectrice (comme la nomme dans son livre Marshall Rosenberg ). Mon intention n'étant pas de brutaliser l'enfant ou de passer ma colère sur lui mais bien de l'empêcher d'agir contre son bien et celui des autres.

    DansLa sanction pour rester dans la non-violence ce type de situation, la force protectrice permet de contraindre l'enfant sans pour autant vouloir lui faire mal. Durant ce temps ou l'enfant peut se montrer parfois très menaçant, l'adulte garde son calme et tente de maintenir le dialogue et de rassurer l'enfant. Il n'applique pas une force répressive pour bloquer l'enfant mais plutôt une contrainte douce et bienveillante  (quitte à être malmené par l'enfant à qui il n'opposera aucune riposte).

    L'important dans ces situations est de proposer, dès que cela est possible, une solution de sortie à l'enfant tout en l'informant de la gravité de ses actes et des conséquences qu'il encoure.

    Autre détail important, dans le milieu professionnel, la force protectrice ne peut s'appliquer qu'aux yeux de tous (devant d'autres adultes et enfants). On ne se cache pas, on ne tente pas de feindre ou de dissimuler ses intentions, on explique clairement ce que l'on fait et pourquoi on le fait.

    Exemple: Un enfant frappe un autre enfant, menace l'animateur et tente d'escalader les grilles de l'école. L'animateur intervient pour faire cesser l'agression et pour empêcher le fauteur de trouble de se blesser. Il utilise alors la force pour protéger les enfants.

    Toutefois, il faut savoir que cette méthode d'intervention d'urgence qui doit rester exceptionnelle(parce qu'éprouvante pour l'enfant et l'adulte), demande une préparation minutieuse autant technique que mentale.

    Techniquement je dois savoir comment maintenir un enfant sans le blesser ni l'oppresser, et mentalement je dois être prêt à encaisser la violence physique ou verbale de l'autre et savoir quand je dois lâcher prise (pour me protéger ou pour ne pas faire mal). Le but étant, rappelons-le, d'empêcher l'enfant de faire mal aux autres ou de se faire mal et non de se venger ou de mater l'enfant rebelle.

    De mon point de vue, cela n'est possible que lorsque l'on a sincèrement renoncé à toute idée de violence envers l'enfant.

    La sanction conçue ainsi peut permettre d'éviter l'accumulation de peines qui sont souvent infligés aux enfants désobéissants. La sanction se suffit à elle-même sans y ajouter des cris, des humiliations, des brutalités. L'enfant qui commet des violences reste un enfant avec des droits et si nous adultes nous ne parvenons pas à montrer du haut de notre expérience et de nos fonctions que nous sommes capables de respecter l'enfant (dont l'attitude nous dérange), comment espérer qu'un enfant soumis à des moqueries, des coups puissent ne pas sombrer à son tour dans la violence ?

    La violence est un échec, un aveu d'impuissance, une légitimation de toute forme de violence. Pourtant, je suis convaincu que nul n'est à l'abri de se laisser emporter par la violence. La fatigue, l'accumulation de contrariétés, de frustration, de déception peuvent fragiliser l'adulte. Ce qui pourrait d'autant plus nous rendre indulgent et tolérant avec celles et ceux (et notamment avec les enfants) qui, un jour se laisse entrainer dans le cercle vicieux de la violence.

    Mais je crois sincèrement que si je cesse de considérer la violence comme une option, une possibilité pour régler mes problèmes, si je développe d''autres stratégies pour me prémunir, alors j'augmente mes chances de lui résister...

    Disons-le clairement et sans hésiter: La violence n'est pas la solution, c'est le problème...

    La sanction pour rester dans la non-violence

    Pin It

    votre commentaire
  • Ni hérisson ni paillasson , c'est avant tout une multitude de mini-projets pédagogiques qui peuvent être utilisés autant par l'enseignant que par l'éducateur ou l'animateur pour la gestion et la régulation des conflits mais aussi (et surtout) pour la prévention des violences.

    La prévention est l'élément qui est peut-être le plus souvent délaissé par l'encadrant adulte. Pourtant, il est, à mon avis, celui qui nécessiterait le plus d'attention et de soin quotidien.

    C'est un peu comme pour les incendies. Sans prévention guère de salut...

    Si je ne fais pas attention chaque jour à l'ambiance qui règne dans mon groupe, à la manière dont je parle aux enfants, à ce que je laisse faire ou interdis, à la manière dont je sanctionne, aux conflits entre enfants, etc... , j'augmente les risques de voir "un incendie"se propager avec davantage de violence et de conséquences...

    Tout en gardant les fondements essentiels propres au projet initial (éducation à la non-violence, mieux vivre ensemble, droits de l'enfant), chacun peut, de manière autonome, à partir des infos et outils figurant dans ce blog, construire son action en fonction de ses besoins pédagogiques ou de ses choix d'éducateurs.

    Toute action pédagogique proposée ici, qu'il s'agisse de l'utilisation de la réglette des émotionsd'une affichette sur la colère ou de la mise en place de la charte et de l'échelle des sanctions ,..., à comme point de départ la non-violence.

    La non-violence est avant tout bonne pour l'enfant qui va ainsi bénéficier d'une approche pédagogique respectueuse de ses droits et de sa personne. Il va aussi pouvoir se construire sur un autre schéma que celui de la violence et du Talion(largement plébiscités dans notre société !).

    Mais chose que l'on sait peut-être moins, c'est l'avantage qu'elle représente pour l'enseignant, l'animateur, le parent qui se lance dans cette démarche.

    En effet, la non-violence choisie (et non subie) apporte un bien-être, une paix intérieur qui ne se refuse pas. Et ce que beaucoup considèrent comme une faiblesse est en fait une force dont l'effet ne se mesure réellement que dans l'action (non-violente).

    Certes le chemin est long et semé d'embûches, mais c'est peu de mal pour un grand bien...

    Bonne route,

    Marcel


    votre commentaire
  • Liberté, Égalité, Fraternité, Respect, Tolérance, Humanité sont des valeurs qu'ils nous faut protéger et partager le plus possible, notamment avec les plus jeunes(collège, lycée). Et pour se faire, quoi de mieux que les livres, les histoires, l'éducation pour parler, pour débattre et répondre aux questions que chacun est en droit de se poser...

    Matin brun J'aime citer le petit livret de Franck Pavloff "Matin Brun" qui raconte avec une simplicité effrayante comment des gens ordinaires,"ni des héros ni de purs salauds"se retrouvent peu à peu confrontés à un régime totalitaire qui ne dit pas son nom... (pour info il coûte 1.50€ en librairie).

    Je pense qu'aujourd'hui avec la montée de violences et d'idées à caractère raciste, xénophobe, et discriminant, il est plus que jamais bon de rappeler avec quelle douceur, quelle discrétion, quelle sournoiserie peut parfois s'installer et se développer, si l'on n'est pas vigilant et réactif, même dans un pays comme la France, des lois et un régime anti-démocratique.

    Pour les plus petits (école primaire à partir de 6 ans) il existe également de nombreux supports. Je me permets d'un citer un (pardon pour tous les autres):

    L’agneau qui ne voulait pas être un mouton Auteurs : Zad, Didier Jean

    C'est l'histoire de moutons qui vont réagir à la menace d'un loup qui peu à peu s'attaque à tous les membres du troupeau. Au début ils ne sentent pas concernés jusqu'au jour ou...

    Et pour finir une petite histoire que j'ai écrite pour un atelier sur le mieux-vivre ensemble(atelier que je n'ai jamais pu réalisé) sur une communauté de rats qui se déchirent quand les problèmes arrivent...

    Voir ICI

    Le but vous l'aurez compris, c'est d'éveiller les consciences. Mieux vaut prévenir...

     

    -----------------------------------------------------------------------------------------------------------

    Pin It

    votre commentaire


    Suivre le flux RSS des articles de cette rubrique
    Suivre le flux RSS des commentaires de cette rubrique