• Que vous soyez enseignant ou animateur, voici un outil qui peut faciliter la régulation des conflits au sein de votre classe /groupe et permettre aux enfants de trouver des alternatives à la violence. C'est aussi un moyen de déceler le harcèlement.

    A mon sens, le cahier anti-violence (CAV) permet une gestion plus souple et une plus grande fiabilité que le tableau (voir article ici) dont les messages peuvent être arrachés. De plus le cahier permet d'archiver les messages assez facilement.

    Le cahier anti-violence: Un outil facile à mettre en placeJe l'ai mis en place durant 2 ans pendant le temps cantine en école primaire et j'ai constaté combien certains enfants avaient pris l'habitude de l'utiliser, s'en servant même comme moyen de pression contre ceux qui voulaient utiliser la violence. "Attention, si tu continues à m'embêter, je vais écrire sur le cahier".

    Pour la petite anecdote, le cahier nous a aussi donné l'occasion d'un débat intense dans une école, après qu'un enfant se soit fait traiter de "balance". Au bout du compte, les enfants ont réalisé, après s'être écouté les uns et les autres, combien il fallait du courage pour dire stop à la violence (et de l'intelligence pour écrire !).

    Le problème essentiel que j'ai rencontré, c'est bien sûr le temps qu'il faut consacrer aux réunions, du moins au début. Car plus les enfants prennent l'habitude des médiations et plus les réunions sont rapides.

    Et curieusement le nombre de plaintes inscrites sur le cahier va globalement en diminuant sur l'ensemble des écoles ou le système a été mis en place. Interrogé sur ce constat, un enfant-délégué m'avait répondu "Ils ont moins besoin de nous maintenant, ils se parlent".

    Maintenant, je reconnais ne pas avoir établi de statistiques concernant le nombre de conflits violents sur les écoles ou le cahier était en vigueur. Mais si j'en crois les enfants en charge du CAV, les bagarres étaient moins nombreuses.

    Voilà à vous de jouer ! Si vous avez des questions, n'hésitez pas.

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    Public: Cycle 3, collège

    Matériel: Cahier grand format, stylos, règle, trousse

    Objectifs: Réguler les conflits au sein d'un groupe. Responsabiliser les enfants et proposer des alternatives à la violence. Réduire les violences. Permet de repérer les enfants victimes de harcèlements (répétition des messages).

    Le principe: Des enfants sont désignés ou élus en fonction du nombre de volontaires (l'idéal étant 6 élèves, 2/jour) pour s'occuper du cahier anti-violence. Ils doivent être identifiés auprès de leur camarades (un badge peut avantageusement être proposé aux enfants en charge du cahier).

    Il forme le conseil des enfants (on peut choisir un autre nom). Le but étant de proposer à l'ensemble de leurs camarades de noter sur le cahier les conflits qu'ils ne réussissent pas à régler sans violence, durant la récré ou autre.

    Fonctionnement: Au bout d'un certain temps ou d'un certain nombre de message, le conseil se réunit en présence de l'adulte (animateur, enseignant) et organise une médiation simplifiée. L'idéal étant de permettre aux enfants de gérer eux-mêmes la médiation.

    Au début l'adulte pourra montrer aux enfants et passer le relais lorsque l'un d'eux se sent capable de gérer le conflit.

    Voici la trame que j'ai mis en place pour permettre aux enfants volontaires de gérer eux-mêmes la médiation: REGLES CONSEIL ENTENTE.pdf

    A la fin de la médiation, il est conseillé de noter sur le cahier un petit mot si tout s'est bien passé ou pas, pour avoir une trace.

    A noter: Lorsque les enfants ne réussissent pas à s'entendre, l'adulte peut simplement rappeler les règles de non-violence en vigueur dans l'école et préciser que les enfants ne sont pas obligés d'être amis, mais doivent se respecter quoiqu'il arrive.

    Le contenu du cahier:La forme des phrases peut être travaillée au préalable.

    Voici une proposition de phrase: "Je reproche à Lisa d'avoir jeté mon cahier de texte par la fenêtre."

    On peut aussi décider de noter les remerciements.

    Il est également utile d'écrire la date, le nom, la classe et la signature du plaignant.

    Le cahier anti-violence: Un outil facile à mettre en place

     

     

     

     

     

     

    Les règles: Instaurer des règles pour l'utilisation du cahier est nécessaire pour éviter tout débordement. Le mieux étant de procéder en fonction des problèmes qui se manifestent. Lorsque la règle vient résoudre un problème posé à l'enfant, elle prend plus facilement du sens.

     

    Conclusion: On demande souvent à l'enfant de ne pas utiliser la violence en oubliant parfois de lui proposer des alternatives. Avec le cahier anti-violence, l'enfant a le choix. Bien sûr , les premiers jours de mise en place, il ne va pas se jeter sur son stylo dès le premier conflit, mais le fait de voir d'autres camarades écrire et de constater que l'adulte (qui conseillera l'utilisation du cahier en cas de besoin aux enfants en conflits) veille, les plus récalcitrants finiront par utiliser ce support ou du moins auront plus de réticences à utiliser la violence.

     

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  • Apprenons aux enfants à se disputer... sans violence !C'est une sympathique et bienveillante demande que je me permets de faire aux parents, éducateurs de tout bord pour un véritable apprentissage de la dispute non-violente aux enfants.

    A force de croire et de laisser croire que le conflit est inutile et mauvais, on finit par obtenir une violence encore plus forte, plus douloureuse et plus difficile à gérer, autant par les auteurs que par les victimes.

     

    Qu'on le veuille ou non les disputes, les désaccords font partie du quotidien de l'enfant (et de l'adulte) alors mieux vaut les préparer à ces moments, certes, inconfortables la plupart du temps mais souvent nécessaires.

     

    La dispute peut jouer un rôle de régulateur de violence pour peu qu'elle soit considérée par les adultes et les enfants comme une action positive et utile et qu'un apprentissage adapté soit dispensé aux enfants.

     

    Voici un mode d'action que je vous propose (n'hésitez pas à l'adapter à votre sauce, à le modifier) pour initier les enfants à la dispute:

     

    1-Organiser un débat avec votre groupe, vos enfants, votre classe  à partir de ce type questions: (Bien sûr à chaque question laissez les enfants s'exprimer avec leurs mots et leurs idées, sans juger...)

     

    Pourquoi se dispute-t-on ?

    Ce qu'on peut ajouter:

    Expliquer à l'enfant que la dispute est l'occasion pour chacun de faire entendre ses besoins et de dire ce qui ne va pas pour lui. Le conflit ce n'est pas obligatoirement la bagarre ou la violence.

    Vous pouvez également introduire les messages clairs pour aider l'enfant à parler de lui plutôt que sur l'autre.

    Voir aussi l'histoire de Joey

     

    Est-il normal de se mettre en colère ?

    Ce qu'on peut ajouter:

    Là encore, préciser à l'enfant que la colère est une émotion, c'est un signal qui nous dit que quelque chose ne va pas à l'intérieur de nous. La colère n'est ni bonne ni mauvaise, c'est juste quelque chose que nous ressentons et qui doit nous inciter à prendre la parole.

     

    Peut-on se disputer sans être méchant avec l'autre ?

    Ce qu'on peut ajouter:

    La dispute peut servir à trouver un accord, et même à faire la paix comme disent les enfants. Si je suis méchant, violent tout cela devient presque impossible (même si les enfants ont souvent une capacité à pardonner assez surprenantes). Voir cette affichette

     

    Que ressent-on lorsque l'on se dispute ?

    Ce qu'on peut ajouter:

    Là on aborde un peu plus les émotions. Il y a un véritable travail à faire sur le sujet car dire ses émotions n'est pas à la portée de tous.

    je vous invite à lire cet article très succinct

     

    Comment faire quand la violence arrive ?

    Ce qu'on peut ajouter:

    la violence ce n'est pas le conflit ! Ce sont 2 choses bien différentes qui n'ont pas besoin d'être mélangé.

    "STOP ! J'ai mal" C'est une phrase toute simple que les enfants peuvent apprendre très tôt. Il faut vraiment inciter l'enfant à dire ces mots très fort et de façon très net.

    L'aide de l'adulte est parfois une nécessité. Bien préciser que dire ce qui ne va pas ce n'est pas être peureux ou être une balance. Il faut du courage pour dire "ça ne va pas" et pour refuser la violence.

    Vous pouvez également montrer cette affiche

     

    2- Dédramatiser, banaliser la dispute (Chanter une chanson, faire une petite mise en scène, un jeu de rôle sur le conflit):

    Il s'agit de montrer à l'enfant que le conflit ce n'est pas un drame. C'est la violence qui en est un !

    Quelques idées de chansons ici

     

    3-La mise en pratique

    Les jours qui suivront seront peut-être l'occasion de passer véritablement à l'action lors d'une véritable dispute. L'enfant aura besoin de votre aide, surtout au début pour appliquer ce qu'il a appris lors du débat et surtout:

    -De votre calme

    -De votre compréhension

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    La liste des questions à poser aux enfants n'est pas exhaustive ! Ils en auront certainement d'autres à vous proposer.

     

    Conclusion: Si vous décidez d'organiser ce genre d'action avec les enfants, sachez que vous œuvrez pour la paix. Et oui, l'un des premiers facteurs de la violence entre enfants, c'est la dispute, le désaccord. Parce que se disputer = Se faire mal pour beaucoup d'entre nous (enfants et adultes...).

     

    coolPour aller plus loin

     

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  • Au delà des intérêts de l'adulte, des institutions (parents, enseignants, syndicats, élus, Education Nationale,collectivités...) et des débats ou chacun tente d'imposer et d'argumenter son point de vue, quels rythmes respectent au mieux la santé et le bien-être de l'enfant ?

    En 2010, l'Académie Nationale de Médecine avait émis des recommandations qui placent l'enfant au centre de la réflexion, ce qui, à priori, parait assez... logique.

    Voici quelques passages issus du site Internet:
    www.academie-medecine.fr.

    Recommandations destinées aux décideurs :

    -Mettre l’enfant au centre de toute réflexion sur le temps scolaire, en tenant compte des connaissances actuelles sur les rythmes circadiens et les besoins physiologiques des enfants et des adolescents, en introduisant la notion d’hygiène de travail respectant leurs rythmes.

    -Aménager la journée scolaire en fonction des rythmes de performance et enseigner les matières difficiles aux moments d’efficience scolaire reconnus, en milieu de matinée et en milieu d’après-midi.

    -Aménager la semaine sur quatre jours et demi ou cinq jours en évitant la désynchronisation liée à un week-end dont le samedi matin est libre.

    -Respecter le sommeil de l’enfant et le considérer comme un sujet de santé publique au même titre que tabac, alcool et alimentation.

    -Évoluer vers un calendrier de sept à huit semaines de classe et deux semaines de vacances ce qui implique un remaniement des premier et troisième trimestres.

    -Alléger le temps de présence quotidien de l’élève à l’école en fonction de son âge.

    -Créer un Observatoire des Rythmes de l’enfant pour suivre les aménagements du temps scolaire permettant de faire des propositions.


    (Le texte complet ici )

    et une formule de Mr Meirieu pour terminer:

    « Ce qui fatigue, ce n’est jamais ce qu’on fait, c’est ce que l’on n’arrive pas à faire ». Pour être attentif aux rythmes de l’enfant dans leur complexité et dans leur variabilité, il s’agit donc de prendre en compte tous les temps et , urgemment, de « prendre le temps d’apprendre » .


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  • -Te souviens-tu quand tu allais vers les autres sans faire de distinction, sans préjugé, sans appréhension?

    - Non..., je ne m'en souviens pas.

    -Tu étais plein d'enthousiasme et de joie de vivre, et maintenant...

    -Il y a longtemps.

    -Tu voulais tout apprendre, tout découvrir...

    -J'étais enfant.

    -Tu pardonnais vite et tes rancœurs ne duraient pas.

    -Peut-être...

    -Tu étais heureux d'un rien, heureux de vivre tout simplement.

    -Sans doute...

    -Tu as oublié ?

    -Oui...

    -Pourquoi ?

    -J'ai grandi...

     

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  • Cette histoire raconte comment une communauté de petits rongeurs qui traverse une passe difficile réussit à surmonter les divisions et les différences qui éclatent au sein du groupe pour survivre.

    J'ai écrit cette histoire pour les éducateurs qui souhaitent ouvrir le débat sur la tolérance, le racisme,...avec les jeunes publics, et pour les enfants bien sûr...

    Pour une utilisation pédagogique non commerciale.

    Merci de citer l'adresse de ce blog pour toute diffusion sur Internet.

    Copyright ©2013

     


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  • J'ai observé à plusieurs reprises combien l'humour pouvait permettre d'atténuer, de contourner dans certains cas, la moquerie, l'humiliation qui revient sans cesse et semble trouver dans la peur, la tristesse, la colère de la victime, plus de force et d'intensité.

    Lors d'un stage ados, l'injustice que j'ai pu ressentir face aux moqueries dont a été victime une enfant, m'a donné envie de ré-écrire l'histoire à ma manière. Je me suis pour cela inspiré d'autres situations ou les harcelés ont parfois fait preuve d'un humour et d'un sens de l'auto dérision... désarmants. Bien sûr, cette histoire peut paraître un peu simpliste voir simplette dans son dénouement.

    J'ai surtout voulu souligner l'importance de la parole et de l'entraide entre enfants car je crois que c'est un élément important. L'emprise du groupe me semble aussi être un facteur aggravant.

    A mon avis, dans l'arsenal des moyens pour lutter contre le harcèlement à l'école, on devrait prévoir des cours de rhétorique, créer des groupes de théâtre d'improvisation spécifiques dans les collèges et lycées pour aider les enfants à prendre davantage confiance en eux et conscience qu'ils peuvent se défendre avec des mots, sans violence et qu'ensemble ils sont plus forts.

    Peut-être que cette petite histoire servira à des parents, des enseignants ou à des jeunes à qui je m'efforce, autant que je le peux, de répéter combien ils ont raison de résister et de se battre pour affaiblir la portée des mots et des violences qu'ils reçoivent de la part de leur pairs mais aussi, d'une partie des adultes, qui trop souvent, par leur silence, joue le jeu de la violence.

     

    Cécel et les moqueurs

     

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  • Le taux d'enfants pauvres dans les Bouches du Rhône est de 33%. Je suis abasourdi par ce chiffre...

    Comment vit-on l'école quand on ne mange pas tous les jours à sa faim, quand nos habits sont usés, quand notre logement est insalubre ou trop exigu ?

    Les contraintes scolaires, les devoirs, l'assiduité, la discipline, etc..., ça donne quoi pour un enfant qui vit dans la pauvreté ? Peut-on étudier correctement à la maison, recevoir de l'aide si besoin ?

    Comment ça se passe ?

    En puisant dans mes souvenirs, je crois savoir que ce n'est pas agréable du tout.

    Je ne peux alors m'empêcher de penser à toutes ces familles, ces enfants en souffrance à qui on demande de vivre l'école comme si de rien n'était et qui se battent au quotidien pour subvenir à leurs besoins essentiels.

    Les valeurs de la République ? Difficile dans ces conditions d'y penser et encore plus d'y adhérer, non?

    Le dossier complet en cliquant sur le schéma.

    La pauvreté des enfants en PACA

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

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